La coupure de mots

      Lorsque nous écrivons à la main, avec un stylo par exemple, nous plaçons les mots les uns après les autres sans savoir comment se terminera la ligne, et nous sommes souvent embarrassés devant l'espace qui nous reste au bout de la ligne pour en écrire le dernier mot. Par conséquent, pour ne pas laisser un vide inesthétique et pour ne pas écraser abusivement les lettres du mot, nous coupons le mot en deux en plaçant un tiret en fin de ligne, et en rejetant la fin du mot au début de la ligne suivante. Avec les anciennes machines à écrire, nous étions obligés d'agir de la même façon, et nous avions appris des règles de coupures de mots.

      L'imprimeur n'a jamais eu ces contraintes, car il connaît la suite du texte et peut prévoir le positionnement du mot sur la ligne. Il sait règler l'écartement des mots par des espaces, des demi-espaces, des quarts d'espaces qu'il répartit sur la ligne de façon harmonieuse et équilibrée. De cette manière, il n'a jamais besoin de couper un mot en fin de ligne. Pour un imprimeur, la première règle en matière de coupure des mots, c'est qu'on ne les coupe pas. Seule exception, lorsque la ligne est très courte (par exemple les colonnes d'un journal) et que les mots sont trop longs pour qu'on puisse répartir des espaces sur la ligne, la coupure est tolérée et obéit à des règles strictes.

      Aujourd'hui, avec les traitements de texte, l'ordinateur recalcule tout seul l'espacement entre les mots, ce qui permet d'avoir du premier coup un texte harmonieusement composé sans aucune coupure de mot. Les principes de l'imprimerie s'appliquent donc au traitement de texte et la première règle est donc qu'on ne coupe pas les mots. Ainsi, si vous observez la présente page, vous constaterez que la colonne de texte s'adapte à la largeur de votre fenêtre et que si vous faites varier cette largeur avec votre souris, le texte reste justifié sans que les mots se coupent.

      Si toutefois, pour une raison de brièveté de ligne par exemple, un mot devait être coupé, la seconde règle est celle de «ni muette ni orpheline». C'est-à-dire qu'on ne rejette jamais une syllabe muette au début de la ligne suivante, et qu'on ne laisse jamais une lettre toute seule à l'extrémité d'une ligne.

      La dernière règle est celle de la syllabe, c'est-à-dire qu'un mot ne peut se couper qu'entre deux syllabes graphiques.

Exercice :
Peut-on couper les mots suivants ?

style
     Oui     Non     Peut-être
acide
     Oui     Non     Peut-être
avis
     Oui     Non     Peut-être
autant
     Oui     Non     Peut-être
olive
     Oui     Non     Peut-être
texte
     Oui     Non     Peut-être